Stop & Turn

Je rechignais à écrire cet article pour plusieurs raisons :

1)      Il est toujours désagréable d’annoncer un échec, surtout après une délibération.

2)      Parce que je n’avais clairement pas envie de m’excuser.

Des raisons personnelles m’ont amenée à mettre fin au challenge « écrire un livre en 30 jours » alors que nous arrivions au 13e de ce défi.

Ces deux dernières semaines ont été sujettes à beaucoup de confusion, de manque d’organisation et de vision, ainsi que beaucoup de questionnements et remises en doute sur certains sujets, notamment mon rapport avec certaines notions que j’avais relatées comme la conception de mon existence, les buts que je m’étais fixés et ce que je croyais être prioritaire dans ma vie.

La personnalité et l’identité humaine sont très complexes. Non seulement nous sommes capables de nous inventer des défauts qui n’existent pas, mais l’inverse aussi est possible. Quand on vit seul et isolé, il est difficile de s’imaginer si telle valeur ou telle conviction nous est vraiment propre et représentative.

J’ai aussi longtemps vécu en étant persuadé que je ne passerai jamais la trentaine, et cette vision déformée de la réalité m’avait poussé jusqu’ici, dans ce blogue, à annoncer l’écriture d’un livre testamentaire, et ce en un temps éclair, pour soi-disant laisser un héritage derrière moi, permettre à ceux et à celles que j’aime de me mieux me comprendre et me connaitre au cas où je disparaîtrais précocement.

À côté de cela, je me suis aussi longtemps reproché de ne pas avoir l’instinct de survie, c’est-à-dire la force nécessaire pour rendre ma vie plus confortable, pour être indépendant financièrement et ainsi assurer mon avenir. Et même si ce projet de livre-testament partait d’un bon sentiment, il n’était que le fruit d’une angoisse, et de la sensation insidieuse et sous-jacente que je ne survivrai pas au-delà de quelques années.

Finalement, j’avais bien cet instinct de survie. Je ne pensais qu’à préserver quelque chose, par peur de régresser. Conserver un objet, faire perdurer une trace sans jamais voir le futur autrement que par l’apparence d’un mur, ou un gouffre… Alors que je devais faire l’inverse. Toutes les bonnes choses se veulent elles-mêmes. C’est le cas de la volonté de vivre.

Aujourd’hui, je pense que le meilleur héritage que je puisse laisser derrière moi, c’est d’avoir une vie la plus heureuse et pleine possible. Non pas concrétiser mon égo dans un objet triste, fini et terne, mais un souvenir agréable, un sentiment bénéfique, c’est-à-dire la conviction profonde et chaleureuse dans le cœur de mes proches que j’ai fait de mon mieux.

Si j’avais écrit ce livre, mais que le reste de ma vie s’était cantonnée à une fin pénible et désespérante, finalement l’héritage n’aurait été qu’un cadeau empoisonné.

Certes, je voulais tout mettre noir sur blanc, je ne voulais plus laisser aucune trace au doute et aux non-dits. Mais je me suis demandé « est-ce vraiment ce qu’il y a de plus important à transmettre ? »

Peut-être que mes proches m’auraient mieux comprit, mais est-ce que cela les aurait aidés à mieux vivre ?

Je préfère travailler cette honnêteté, cette transparence de mon vivant, tant que je peux le faire de vive voix, de vifs mots.

Aujourd’hui, je vis avec des questions : « qu’est-ce que l’héritage ? Qu’est-ce que transmettre, et surtout comment le faire, avec quoi ? »

Ce blogue va bien sûr continuer son chemin, car un de ses buts est aussi de rendre hommage à mon crédo : « de défaite en défaite, jusqu’à la victoire »

Je vis avec des questions, parce que je veux des réponses. Et elles viendront un jour.

En attendant, je vais consacrer ces prochains jours à me réaligner, à me remettre en cohabitation avec mes sentiments et mes pensées.

Quant à nous, on se retrouve dimanche pour le prochain article.

Merci par avance de votre compréhension,

STUPR

PS : C’est peut-être la fin d’un projet, mais ce n’est certainement pas la fin de l’art. Je vais juste retourner à l’essentiel, aux projets que je porte en moi depuis plus de 10 ans, des choses que j’ai toujours voulu faire dans ma vie, mais que je n’aurais peut-être jamais réalisé si j’étais resté coincé dans cette vision étriquée et triste de mon propre futur et de l’existence en général.

PPS : Avec du recul, je me dis finalement que ce que je cherchais était peut-être sous mes yeux depuis le début : si héritage il y a, alors ce blogue en est le support. Je tâcherai toujours d’être le plus transparent et le plus honnête avec vous, et je tiens à parler des sujets qui me tiennent à cœur.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s